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LE MARCHE A COURCELLES : LA TOMATE OU LE PANTALON ?

     Très courus par les habitants de Courcelles et des environs, les marchés du mercredi et du samedi place du Trieu  changent peu à peu de physionomie : de moins en moins de maraîchers, de plus en plus de vendeurs de textile. Un déséquilibre progressif qui nuit à la diversité des produits proposés à la vente.

 Le phénomène n’est pas propre à Courcelles : un peu partout les marchés sont littéralement pris d’assaut par des marchands ambulants qui proposent des vêtements à des prix sans concurrence. Et les premières victimes sont les autres commerçants : difficile en effet de rivaliser avec un pantalon vendu à 5 euros ! Concurrence dans le respect de la législation sociale ? Concurrence déloyale ?... A Boussu, les autorités communales et judiciaires s’en sont inquiété : des contrôles ont eu lieu. Rien de tout cela pour le moment à Courcelles, où le pantalon se vendra bientôt moins cher que la tomate.

 LE MARCHE A COURCELLES : LA TOMATE OU LE PANTALON ?
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     Cette évolution pose plusieurs questions :

-       ne faut-il pas garantir aux clients du marché l’accès à une diversité  étendue de produits ?

-       la vente de ces vêtements bon marché  ne constitue-t-elle pas une concurrence déloyale ?

-       tous les vendeurs respectent-ils la législation sociale ?

-       dans quelles conditions sont fabriqués ces produits bon marché ?

 

Pour un marché équilibré, aux produits diversifiés :

Le Front des Gauches-Courcelles a interpellé par deux fois les autorités communales qui adoptent une position très attentiste et résignée, estimant –faussement- que la loi ne leur permet pas d’agir. Et pourtant, non loin de Courcelles, à Boussu, la commune a imposé des quotas lors des marchés, afin d’éviter que la vente de textile ne dépasse un certain pourcentage de l’espace de vente… Le conseil communal de Boussu a estimé qu’il fallait veiller à ce que les activités commerciales sur les marchés  « offrent au consommateur une diversité suffisante, tant dans les produits que pour les services ». C’est donc tout-à-fait possible !

 

Pour une concurrence loyale, dans le respect de la loi :

Un pantalon à 5euros, une robe à 10 euros,…une aubaine ? Pas pour les commerçants « traditionnels » en tout cas, qui y voient  une concurrence déloyale. A terme, c’est la disparition assurée !

Des inspections sur certains marchés de la région ont relevé toute une série d’infractions à la législation sociale. Il est temps de mettre de l’ordre dans ce secteur !

 

Dans quelles conditions sont fabriqués ces vêtements bon marché ?

Ce n’est plus un secret pour personne, mais c’est plus facile de fermer les yeux : tous ces vêtements sont fabriqués dans des pays comme le Pakistan, l’Inde, le Bengladesh,… dans des conditions inhumaines. Des femmes, souvent très jeunes, des enfants, travaillent dans des conditions inhumaines et dangereuses, mal logés, mal nourris, peu payés.

Des exemples ?

Le 24 avril 2013, dans la banlieue ouest de Dacca, au Bangladesh, les huit étages de l'immeuble Rana Plaza s'effondraient, faisant plus de 1 100 morts parmi les ouvriers du textile. Symbole macabre d'une économie mondialisée où il s'agit de produire toujours à plus bas coût, dans des conditions de travail de plus en plus inhumaines.

Selon le rapport Fatal Fashion, qui analyse les récents incendies d'usine au Pakistan et au Bangladesh, 245 incendies d'usine ont occasionné la mort de près de 600 travailleurs, de 2006 au 28 janvier 2013.
Le Bangladesh a émergé dans l'industrie de l'habillement à partir des années 1990 grâce à une main d'œuvre abondante et peu coûteuse. Depuis 2009, il figure à la deuxième place des exportations mondiales dans ce secteur, derrière la Chine.

 

En soulevant cette problématique et en adaptant notre législation, nous apporterions aussi une aide solidaire aux travailleurs indiens, chinois, pakistanais ou du Bengladesh !

 

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